Les aventures de Millepattes.

Le blog de MTP (comprenez MilleTheuPas) pour vous conter ma passion. Laissez des messages, traces de votre passage !!!

02 avril 2008

Petit combat de rue au Ranc des Agnelons

Nous avons parcouru avec JB la goulotte 'Tous en Ranc' ouverte par Sébastien Escande (auteur des topos d'alpinisme hivernal autour de Grenoble) et d'autres en début d'année. Nous avons emprunté une variante plus directe pour la fin de L1 qui réhausse le niveau de la course : TD-/TD en comparaison à d'autres itinéraires de Belledonne / Chartreuse (itinéraire plus difficile que les 40èmes Rugissants, Rail de Poudre, goulotte du fil à la Scia...). Comme me disait JB dans la descente, c'est bien plus délicat que la Valeria par exemple et on a trouvé la 2ème moitié de L1 guère plus facile que le M6 du départ direct du Supercouloir...
Si on évite par une traversée astucieuse le crux de L1 (cas des premiers ascensionnistes), la cotation redescend à D+/TD-. L5 peut également être évitée par un crochet un peu à gauche mais il est tellement évident de continuer tout droit que ce serait dommage de s'en priver : M4 par la variante. La cotation redescend encore un tout petit peu alors. Idem pour le pas de V de L8 qui en zigzaguant doit être facultatif. La goulotte vaut alors D mais le cheminement très évident devient alors tortueux et c'est dommage à mon avis.

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La face depuis l'approche. La goulotte se trouve en bordure rive droite de l'évident éperon au centre.

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Face vue le soir : on distingue bien la brèche de L5, puis celle de L6, puis l'éperon central sous le sommet.

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A ce moment là, je réalise que ma lame de piolet marteau bouge anormalement. Elle doit être encore un peu dévissée. C'est alors que je remarque que je vois au travers du manche de mon piolet : bizarre, bizarre... En fait, je me rends compte assez rapidement qu'une vis s'est tout simplement fait la malle. Déjà que je commençais à trouver la longueur délicate... Je ne pensais pas que le reta, déjà mal protégé, allait être de surcroît un sacré combat : aucune glace, aucune neige dure, un rocher désespérément lisse pour les pieds et les piolets - je suis finalement remonté en adhérence que sur les crampons avec des verrous de pieds dans la fissure puis un pied main sur le bouchon de neige. Alors après, je vous laisse imaginer avec une lame qui n'est plus attachée qu'à moitié.

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mtpfinL1
Je me retrouve au crux au niveau de la sortie du dièdre - dépression : M5/M6 dans de telles conditions (M4/M5 peut-être en présence d'un peu de glace ou neige dure...)

L2
JB dans l'esthétique goulet de L2 : un peu de 75 mixte.

L3
Une vue sur L3 - L4 enchaînées à corde tendue pour vous montrer la consistance de la neige :-(

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JB au départ de L5. A la fin de L4, la ligne bute contre un bastion rocheux : le remonter directement dans le prolongement de la goulotte et faire relais à la sortie au niveau d'une petite brèche. Le rocher est moyen au départ, bon ensuite. Les protections sont un peu délicates (une bonne fissure à piton au milieu). Pour la cotation, je dirais M4+.

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JB toujours dans L5 après le départ délicat et le crux : la fissure se trouve au dessus de sa tête un peu sur la droite.

L6
De R5, vue sur la fin de L6 : MTP émerge à une seconde brèche - relais derrière au soleil (60 m). Pour L6, de R5 ne pas partir à gauche dans les grandes pentes de neige ou à droite vers un petit col mais monter toujours tout droit.

L7
Vue sur L7 : de R6, partir à droite et rejoindre un col à l'aplomb du sommet ou l'on fait relais.

L8
Vue sur le départ de L8 : partir juste au dessus du col légèrement à droite de l'éperon (en montant) par une zone bien raide en direction d'un feuillet, pas de V (bonnes protections) puis on reprend les piolets, M3. Relais à côté d'un arbre (ou sur l'arbre).

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L8.

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Le fameux arbre à côté de R8.

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L9 est courte et mène exactement au sommet. Vue au Nord sur les arêtes.

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Vue au sud sur la double-brèche puis les arêtes du Gerbier.

La descente se fait par le couloir de la double brèche : 2/3 rappels à partir du premier goulet à la descente.

Millepattes

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18 mars 2008

Photos de la goulotte de l'Arche !

Et voilà quelques souvenirs d'une petite balade nocturne dans le Vercors aux Rochers du Ranc Traversier réalisée avec Renaud le 14 mars 2008.

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Renaud à la sortie de la goulotte, au niveau de la corniche.

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Lever de soleil depuis l'arête sommitale : on distingue bien l'arche qui donne son nom à la voie.

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Le photographe.

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Elle n'est pas belle la vie :-)

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Un peu plus tard.

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Vue de la face : la ligne est au milieu, la descente à droite.

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Fin du lever de soleil à mi-chemin de la descente : il est 06h40.

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Un essai de Renaud.

Millepattes.

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14 mars 2008

Matinale dans le Vercors

Bien décidé à profiter de mon passage sur Grenoble en prévision de futures vacances inconnues et d'une prochaine localisation géographique probablement moins propice, je décide cette semaine encore de sortir en goulotte avant le weekend.
Pour ne pas épuiser trop rapidement mon maigre quota de jours de congés, je prévois une sortie de nuit, à la belle étoile même si la pleine lune c'est encore dans une semaine... Après consultation météo, le créneau de vendredi matin tôt est arrêté.
Le programme est le suivant : départ vers 02h de Grenoble et puis en avant dans la goulotte. Nous espérons revenir pas trop tard pour aller travailler le matin tout de même. Au pire, on posera une demi-journée. Enfin Renaud a un impératif de thèse à 13h30 qu'il ne doit rater sous aucun prétexte : pour le coup, on devrait quand même avoir de la marge.
Résultat : départ 02h15 de Grenoble après que Renaud ait envoyé un mail important au sujet de sa présentation importante de début d'après-midi... Départ 03h30 du parking de Garneyre. A 5h, une fois équipé, je m'élance en tête dans la goulotte de l'Arche. Finalement, je garderai la tête jusqu'en haut puisque nous ferons tout à corde tendue (8 points). C'est toujours joli, il y a plusieurs passages mixtes techniques courts mais intéressants et la ligne est astucieuse. Sur l'arête sommitale, les premières lueurs du jour apparaissent : c'est magnifique ! Nous profitons quelques instants de ce moment féerique. Puis zou.., direction le couloir de descente qui doit être sympa à ski. Nous arrivons à la voiture à 7h.
Je pose Renaud à 08h15 chez lui (ah les bouchons dans Grenoble, quel plaisir...). Puis douche, gonflage du vélo et je suis même à temps pour la fin de la pose café de début de journée, avant de me replonger dans mes tonnes d'équivalent Carbone :-)

Pour une fois, j'ai pris l'appareil photo.
J'en mettrais bientôt en ligne.

Millepattes.

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07 mars 2008

Yep one more dans Belledonne !

Après le retour du froid (-25°C relevé sous abri à 7h du matin à l'aiguille du Midi mercredi matin) et de la neige (de 10 à 30 cm de neige dans les Alpes du Nord), le beau temps refait son apparition en fin de semaine avant un weekend mitigé. J'avais prévu de partir à Cham mais les dernières évolutions climatiques nous font hésiter. Dans le doute, je décide de prendre une journée off jeudi 06 mars et d'accompagner Bruno W. (le serial cocheur des goulottes autour de Belledonne qui a déjà bien avancé le Tome 2 d'Escande et Weiss avant même sa sortie, c'est tout dire!) direction la Pointe de la Scia et la goulotte du fil (pour Arnaud).

Cette goulotte est dédiée à la mémoire d'Arnaud Drouet, membre de l'ENJA disparu tragiquement sur le glacier des Grands-Mulets en juillet 2003.

Renaud l'avait parcourue le weekend dernier alors que je passais un weekend très agréable à Barcelone...
Contrairement à son équipe de 4, Bruno, Xavier et moi avons dû faire face à une couche importante de neige fraiche qui a rendu notre progression assez pénible jusqu'au pied de la goulotte. Ensuite, en tête tout du long, j'ai dû déneiger mètre après mètre afin de trouver quelques prises et parfois de bien rares points d'assurage. Dans L4, je pars tout droit au lieu de bifurquer à gauche : résultat, un bloc coincé et un passage bien raide, court mais soutenu (M4+ ?). Heureusement, j'avais réussi à planter mon premier bon piton. La sortie sur l'arête de neige effilée et le sommet avec une belle vue sur les arêtes acérées et enneigées du Ferrouillet sont magiques, d'autant plus que l'on récupère le soleil :-). Mais bon, quelle tranchée il fallait creuser.

Descente rapide par le couloir de la virgule tous les 3 sur les fesses avec, bien malgré nous, genèse d'une véritable coulée qui nous fait perdre quelques dizaines de mètres de dénivelée par rapport au moment où il faut bifurquer à droite pour récupérer les raquettes :-)

Ensuite, encore une séance de luge-glissade par le ravin dit des avalanches et un retour très rapide donc au parking.

Bref, encore une belle sortie à la journée, dont il est difficile de se lasser. Ce deviendrait presque une drogue :-).

Quelques photos de Renaud G. :

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Maintenant, les vraies photos de la sortie sur le blog de Bruno : http://le7econtinent.over-blog.com/article-17461415.html

Millepattes.

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26 février 2008

News grenobloises : trio de goulottes !

Eh oui, je suis de retour dans la capitale des montagnes, à savoir Grenoble. Pour ceux que ça intéresse, je dois réaliser le Bilan Carbone du projet de Rocade Nord de Grenoble (sujet hautement polémique...) pour le compte du Conseil Général de l'Isère. A partir de cet été, je serais soit à Paris soit à Grenoble : les grandes sphères de l'Administration sont en train de le décider. En attendant, j'accomplis ma mission au CG38 ,et profite de la montagne pendant mon temps libre.

Après un weekend à Cham réussi, une petite excursion touristique en Suisse, je repars en montagne avec Bruno W. avec comme objectif des goulottes autour de Grenoble. Samedi, nous parcourons une belle ligne dans le massif du Vercors entre la 1ère et la 2ème Tour du Playnet (hum que c'est drôle les blocs coincés : D+/TD-). Par contre, la hausse récente des températures, bien printanières, fait fondre la glace et rend la neige molle ce qui ne facilite pas les choses. Dimanche, nous nous orientons vers une face nord pour trouver un peu de fraîcheur, à la goulotte 'Blanche' à la Petite Lance de Domène (jolie cascade de glace qui se poursuit par des pentes de mixte facile et une arête rocheuse : TD- varié et esthétique).

A noter que vendredi, j'avais déjà parcouru en compagnie de Renaud la goulotte Bissextile pas loin de Villard Notre Dame au dessus de Bourg d'Oisans, une ligne modérée (D/D+) et sympa mais pas exceptionnelle.

Malheureusement, par flemme je n'ai pas trimballé mon appareil photo.
En attendant les photos de Renaud, il y a celles de Bruno sur son blog :
Goulotte Tours du Playnet
Goulotte Blanche

Goulotte Bissextile
PS : j'allais oublier la sortie 'pleine lune' de ski de rando jeudi soir près de Chamrousse avec Marie and Co pour une fondue au Habert des Lacs Roberts. Je vous recommande ce genre de pratique fort agréable, à condition de ne pas se lever le lendemain matin pour aller en goulotte (2 h de sommeil, c'est peu :-)).

Millepattes

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28 janvier 2008

Supercouloir et Valeria : goulottes au Tacul

Ce qui devient frappant au fur et à mesure de nos vies est l'extrême vacuité de nos existences. Quel sens peut-on donner à nos agissements ? Leur portée ne s'arrête-t-elle pas aux portes de notre bel égoïsme et bien humaine médiocrité... Quelle logique peut-on trouver à notre parcours ? Le vent du monde qui nous entoure n'a de cesse de balayer de ses puissantes rafales les frêles embarcations sur lesquelles naviguent nos âmes. Qui serait assez prétentieux et fou pour revendiquer haut et fort une place de choix dans l'humanité ? Nous sommes tous d'insignifiants et éphémères amas cellulaires, fragiles fruits du génie de la Nature.

Nous pouvons tout de même espérer laisser une trace de bonheur et de joie dans les mémoires de nos proches, de nos amis et des illustres inconnus que la providence a bien voulu gracieusement nous donner de rencontrer. Car quoi de plus beau que l'espoir, ce sentiment vertueux, cette force, cet élan qui propulse nos aspirations dans le domaine de l'inaccessible à la poursuite de nos idéaux, ce bouclier contre les rugosités de l'existence, ce rempart contre les vicissitudes de notre condition.

Vivons intensément chaque instant, le fameux Carpe Diem, le petit sourire au coin des lèvres en toutes circonstances : telle est ma parade.

La vie peut être bien drôle. J'ai finalement réussi à gravir le Supercouloir après 2 faux départs en avril 2005 (Fil à Plomb trop éprouvant) et en octobre 2005 (corde coincée dans les rappels de la Modica Noury). Néanmoins, dans des circonstances bien spéciales. Une semaine avant, je réveille ma tendinite au facia latta qui devrait en théorie me cantonner à la grasse matinée à Paris. Je suis dans une période chargée professionnellement et ne dispose donc en théorie pas du temps nécessaire à a préparation d'une telle aventure. La semaine précédant le weekend de 3 jours, je rencontre Patrick Bruel qui se rend à l'enterrement du Carlos, je présente une étude sur l'évolution de la fonction partagée de contrôle des organismes de logement social à la MIILOS (Mission Interministérielle d'Inspection du Logement Social), j'assiste au siège de Canal Plus à une conférence de Pierre Moscovici (expert reconnu sur le Changement Climatique et créateur du Bilan Carbone), tout en continuant ma petite vie parisienne bien agréable ma foi. Quel changement lorsque je me retrouve propulsé dans une longueur en M5/M6 dans des dalles raides de granit ou bien bivouaquant par une température de -10°C à l'intérieur de la tente (mais combien fait-il dehors??)!!

Les photos du Supercouloir :


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L'affluence à l'aiguille du Midi.

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JB avec un gros sac sur la départ pour 2 bivouacs frisquets (-10°C dans la tente...)

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JB au pied de l'attaque directe, bien sèche! On ne fait pas les malins...

L1
JB qui bataille dans L1 : M5/M6

L2
MTP dans L2 : M4/M5

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Vue sur la Dent du Géant et les Grandes Jorasses.

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Sortie du départ direct.

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Vue sur la goulotte.

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Belle ambiance!!!

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JB au petit matin après une nuit à -10°C sous la tente...

Yannick

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20 janvier 2008

Solitude dans le sauvage Taillefer-Grand Armet : les 40èmes rugissants

Après 2 semaines de chutes de neige et de temps plus propice au weekend sur Paris en charmante compagnie qu'à la baston en montagne, le soleil est de retour ces 19 et 20 janviers.

Ave JB, nous décidons d'aller tenter notre chance à la goulotte des 40èmes rugissants, itinéraire haut perché (1200 m d'approche) dans un massif méconnu et sauvage, samedi pour finir par la goulotte Grasse Matinée dans Belledonne en compagnie de son frère dimanche.

Réveil à 3h, départ à 3h45 de Saint-Marcellin, on passe par Grenoble prendre les raquettes et les batons de JB, la carte qui fut d'une piètre utilité et enfin une bouteille d'eau. Vers 6h, nous sommes au parking à La Chalp, petit hameau sous le col d'Ornon. On se boit un petit café et un petit thé grâce à nos thermos. On se fait plaisir sur la succulente 'reine de sabat', gateau au chocolat de ma grand-mère. Départ à 6h15. Là commencent les ennuis. Le topo dit "rejoindre la cascade de La Chalp, la contourner par la gauche, traverser à droite sous une barre rocheuse par une zone de vernes que l'on remonte jusqu'à la combe suspendue". Eh bien, on l'a bien cherchée de nuit cette vire qui part à droite... Et parlons en de cette barre rocheuse également. Disons tout simplement qu'il y en a une énorme qui barre à l'horizontale toute la face. Donc comment trouver de nuit la bonne vire (il y en a des dizaines qui souvent n'aboutissent pas...) parmi les inombrables vagues sentes de chamois. De plus, le verbe 'contourner' ne nous pousse pas à nous écarter trop de la cascade : grosse erreur dont nous ne sommes pas trop responsables... Après 2 h de marche, nous n'avons fait que!! 150 m de dénivelée et nous nous retrouvons sur un éperon rocheux où la marche devient franchement de l'escalade (du IV sur rocher mouillé de nuit...) au dessus de 50 m de vide. Par contre nous sommes juste à côté de la cascade : finalement, ça nous fait une belle jambe... Dans la pénombre nous comprenons que nous ne sommes pas au bon endroit : c'est bien trop dur... Pourtant, nous étions contents d'avoir trouvé une vire évidente et astucieuse. Nous étions en fait bien loin de l'itinéraire normal...
Désescalade donc un peu scabreuse et arrivée du lever du jour. Nous décidons de remonter franchement à gauche les pentes d'éboulis au pas de charge, on récupère un vague sentier (encore un) qui mène au loin vers une zone d'arbustes. Relativement haut, une large vire débonnaire part à droite (au dessus de la barre rocheuse!!!) et on rejoint la combe. Que de temps de perdu : ça sent le but.
Deuxième souci rencontré : mon genou gauche (déjà 2 tendinites récidivantes du fascia latta) commence à me faire mal : ça sent encore le but. L'approche jusqu'à la rimaye qui est bien 1200 m au dessus du parking va être un calvaire ponctué de nombreuses poses pour 'refroidir' mon genou (raquettes utiles à la fin). Arrivée après 4 h 30 de marche (on a bien bourré tout de même une fois l'itinéraire retrouvé). Attaque de la goulotte vers 11 h. On remonte facilement les premières difficultés jusqu'au pied du passage clé qui semble en bonne condition : il y a de la neige globalement :-). Par contre, la ligne d'ascension passe directement dans le flot continu de petits bouts de neige, de glace et de roche qui déboulent le long de la goulotte. Malgré la motivation de JB, les conditions sont trop rudes. Pour la troisième fois, ça sent le but.

Je contemple alors avec insistance les plaquages humides de glace qui bordent la rive gauche de la goulotte... Ma foi, ç'est peut-être envisageable. J'en parle à JB. Il ne lui en faut pas plus pour retourner dans l'axe de la goulotte mais cette fois-çi tenter à droite. Deux broches moyennes au départ puis 20 m raides sans protections (dont 6 m à 90° sur 5 cm) et 20 m plus faciles jusqu'au relais (vieux ficelou... que l'on remplace et renforce avec 2 pitons). Ceci-dit, nous avions passé 30 minutes à confectionner un bon relais (lame+cornière+gros cablé) au pied de la longueur : l'éventuelle chute aurait été enrayée sans problèmes! Et puis les goulottes de Belledonne et du Taillefer-Grand Armet sont traditionnellement sujettes à de telles longueurs engagées. Nous ouvrons donc une belle variante (variante du Tapis) à la longueur clé, qui ne doit pas être souvent en conditions mais qui est à conseiller lorsque le bouchon de neige est canardé par les projectiles.

A noter qu'il est bien difficile de s'assurer dans la goulotte : pas de glace, rocher très compact et un équipement inexistant (1 piton et un ficelou sur becquet). Il n'y a qu'une longueur dure mais pour la raison précédente, la longueur de l'approche et donc de la descente, c'est une entreprise sérieuse. Le cafouillage à l'approche nous coûte la fin de la goulotte sans difficultés (qui a l'air très joli) : c'est dommage mais nous avons passé les difficultés, c'est déjà ça compte tenu des péripéties de la journée. Descente en rappels puis à pied. Retour à la voiture à 17h15 : fromage, saucisson, gateau au chocolat, thé chaud etc. Malheureusement, pas de goulotte pour moi dimanche mais anti-inflammatoires et glace.

Espérons juste que mon genou sera remis pour le we prochain...

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Terrain typique du coin : rocher compact, neige plus ou moins dure avec peu de glace, et des bouchons de neige...

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Le crux : "variante du Tapis"

rappel
C'est bien encaissé!

Millepattes

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23 décembre 2007

Un petit rail de poudre : mixte belledonien

Malgré un entretien tardif imprévu vendredi après-midi, j'arrive tout de même à récupérer un train pour descendre sur Grenoble. Malgré la fatigue, j'arrive à me motiver pour me lever tôt et aller tenter une goulotte ave Bruno, que je n'ai pas vu depuis longtemps et avec qui j'avais bien envie de grimper. Après une semaine éprouvante, encore une nuit à 3h30 de sommeil... Mais ça en valait le coup comme bien souvent.

Un ami, Renaud, m'ayant dit que la goulotte Neige était en condition (parcourue jeudi) et qu'il voulait y retourner samedi pour faire Rail de Poudre, nous prévoyons donc cette dernière ligne avec Bruno. Approche à pied jusqu'aux cascades du Boulon puis en raquettes. Ce n'est pas toujours pratique d'évoluer avec de tels engins dans des pentes en dévers. Néanmoins, notre technique s'est révélée plus pertinente que celle des skis pour l'approche (hein Renaud et Florent...).

Pour la voie en elle-même : départ par la goulotte Neige en neige dure avec quelques ressauts plus raides en glace parcouru sans corde, relais à la base du bastion rocheux (réalisé avec 2 pitons + un cablé comme pour R1 puis R2). Une longueur de 50-55m (départ délicat puis pente de neige puis petit passage raide) : ça donne un court M4. Une deuxième longueur de 60m plus ardue avec toujours une protection délicate et une absence remarquée de glace (passage difficile au départ en dalle et à la fin en dièdre) : dans de telles conditions, la longueur vaut à mon avis plus que M4. C'est sûr qu'en présence de glace, même en quantités limitées, ça doit être bien plus facile. Mais ça a rajouté de l'intérêt à l'itinéraire et je me suis régalé en tête.

La ligne n'est donc pas formée mais grimper sur du rocher recouvert de neige pulvérulente reste une activité très attrayante à mon goût (notamment lorsqu'on se dégante pour tirer sur les croutes :-)).

A faire donc même si il n'y a que 2 vraies longueurs.
Quelques photos même si je n'en ai pas des longueurs dures (c'est Bruno qui m'a pris...). Bientôt sur son blog, je pense.

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Bruno à l'attaque.

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Petit ressaut en glace.

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Bruno en termine avec le 2ème ressaut en glace avant une petite traversée en mixte arboricole, la quintessence du massif de Belledonne.

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Arrivée sous le bastion rocheux. La goulotte Neige part sur la droite par une rampe cachée. La goulotte Rail de Poudre poursuit tout droit par 2 grandes longueurs de mixte.

L1
Bruno qui est sorti de la partie rocheuse délicate au départ de L1 et remonte les pentes de neige sous le passage mixte qui mène à R1.

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Arrivée à R1 : la 2ème longueur se révèlera plus ardue :-)

Photos de Bruno :

L1_2
Bibi à l'attaque de L1 : une petite traversée en dalle (heureusement un bon emplacement à friend)

L2
Bibi à l'attaque de L2 : une belle longueur de mixte où j'ai dû enlever les gants...

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Millepattes, el diablo.

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22 juillet 2007

La Team du Bignou Part 2 : à Sialouze !

Après un petit séjour au Soreiller, direction l'Aiguille de Sialouze et sa face Sud-Ouest pour quelques grandes voies sur un beau granit sculpté dont l'équipement tend à soumettre les lignes de la face à la dure loi de la protection "home made" à grand renfort de friends et coinceurs.

Cette fois-ci, nous sommes accompagnés de Rémi. Ce fut appréciable de partager entre nous trois la pression nerveuse suscitée par l'éloignement (voire l'absence) et la fiabilité incertaine des vieux spits de 1984/1985. Seules les 6 premières longueurs d'Attaque à Main Armée rééquipées laissent du répit à nos esprits enclins à l'auto-conservation, instinct bien primaire qui est ma foi antinomique avec l'équipement en place.

Les voies de ce versant sont techniques et esthétiques sur un rocher sain aux formes de rêve où alternent fissures, écailles, dülfers, dalles, surplombs... Elles sont de surcroît exigeantes en imposant une escalade parfois engagée ! En résumé, elles représentent de belles lignes à parcourir mais à ne pas sous estimer, qu'il faut se dépêcher de gravir ou de rééquiper (en gardant l'engagement d'origine). En parlant d'équipement, il est à noter que la ligne de rappels est également millésimée 'spits de 8 de 25 ans d'âge" dont certains semblent avoir déjà succombé à l'attraction des grimpeurs en rappels en sortant de quelques millimètres. Ils finiront bien par rejoindre le bas de la vallée un jour ou l'autre... Contrairement aux pitons, il est difficile de retaper ce genre de points d'assurance... Le problème du maintien en état des équipements en goujons en montagne se pose bel et bien. Une réflexion à ce sujet devra bien avoir lieu un jour ou l'autre sous peine d'abandon progressif de toutes ces voies et de bien d'autres encore. Néanmoins, quiconque a déjà équipé ou rééquipé une voie sait la motivation et les efforts qu'il faut y consentir. Tout cela en sachant que l'alpinisme est déjà une activité en déclin pour de multiples raisons socioculturelles et qu'un équipement vieillissant des voies 'modernes', en concentrant les foules rescapées sur les itinéraires 'historiques', ne fera qu'accélérer la tendance.

Nous avons bivouaqué à proximité du glacier où nous avons passé deux nuits excellentes après une montée harassante tout de même. Ceci dit, le Muscat fut bien apprécié en apéro :-) !!

La suite des activités de la team du Bignou en photos :

ATTAQUE A MAIN ARMEE

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La face vue du bivouac à l'apéro : du bon muscat de Samos pour les Bignous.

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Fin de journée au bivouac.

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Les Bignous dans la traversée mouillée de L2.

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La traversée suivante de toute beauté...

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Rémi, le Bignou d'adoption, qui pousse sur l'air pour monter :-).

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Début de la longueur en VIb : on quitte les longueurs rééquipées et on retrouve donc les bons spits de 8mm et pitons des familles (1985) avec un espacement qui laisse parfois rêveur et me fait m'exclamer de temps à autre "mets un point Gaston" en souvenir du film "Etoiles et Tempêtes" de Rébuffat, où les pitons, c'est juste pour les passages durs de la voie :-)

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La traversée engagée en VIa qui suit.

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Rémi qui en finit avec cette même traversée !!

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Le Bignou rouge qui sert les prises.

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Une belle dülfer physique et engagée comme on les aime.

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Belle longueur dalleuse de transition avant la fin sur le pilier.

LA DIAGONALE DU FOU

L0
Départ par Ventre à Terre pour L0.

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Attaque du premier VIc.

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Belle traversée engagée :-)

La_trav_du_fou
Le début de La Diagonale du Fou.

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Idem un peu plus loin.

La_trav_du_fou_3
La même...

Millepattes

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La Team du Bignou Part 1 : au Soreiller !

La vallée de la Bérarde est une contrée reculée que j'affectionne particulièrement. Ses différents vallons respirent l'authenticité de la Haute Montagne. Ses sommets se méritent physiquement, techniquement et psychologiquement. L'alpinisme y est donc véritable et fouler une cime ou un pic devient un privilège savoureux.

Avec Quentin, nous avons eu le plaisir de parcourir la voie des Savoyards à l'Aiguille Dibona puis la Directe 76 à la Tête du Rouget, toutes deux ouvertes par Chapoutot, qui a légué tant d'itinéraires nouveaux et de qualité à l'antre de l'inutilité qu'est l'Alpinisme. Sa disparition tragique suite à une avalanche en 2006 m'a beaucoup affecté. Je voulais lui rendre honneur de la plus belle des façons en marchant sur ses traces.

La voie des Savoyards est une escalade à l'itinéraire astucieux et audacieux qui propose des passages de toute beauté, notamment lors de la traversée sous les toits et de l'avant dernière longueur et son fameux pas en 'dalle' protégé par un couplage de pitons. Equipée exclusivement sur pitons, elle exige une protection "par soi-même" à l'aide de quelques coinceurs et friends, surtout dans les passages plus faciles. Les longueurs 'dures' ont un équipement conséquent et adéquat même si le grimpeur en tête pourra apprécier de réduire la distance entre 2 points par ses propres moyens. Terrain d'aventure donc mais relativement aseptisé qui permet de se faire plaisir sans pour autant exiger une tension nerveuse de tous les instants.

Après 2h d'une montée quelque peu harassante sous le soleil avec le matériel de bivouac, nous avons commencé la voie vers 14h30. Mon genou a passé son premier test ave brio même si ma tendinite du fascia latta m'a tout de même fait savoir qu'elle était encore là.

L3
Quentin en finit avec la 3ème longueur bien raide déjà!

toit
Quentin à l'attaque de la 4ème longueur qui mène sous la ligne de toits pour une traversée d'anthologie :-)

couloir2
Dans le couloir qui fait suite, où la progression à corde tendue repart de plus belle.

dalle_en_6a
Après avoir trop traversé en face Ouest par de magnifiques écailles, on fait demi-tour pour récupérer l'itinéraire original. Je voulais absolument parcourir la fameuse longueur avec le "passage de 6a en dalle". Cette longueur est vraiment sublime : on commence par une fissure raide et athlétique puis on traverse à gauche sur des écailles par de beaux mouvements d'amplitude pour enfin revenir à droite pour quelques pas sans les mains en pleine dalle, avant de faire relais sous le dièdre sommital.
Quentin dans la dalle :-)

derniere_longueur
Le dièdre qui donne accès à l'arête sommitale : encore de beaux passages qui grimpent à protéger soi-même !

sommet
Le sommet effilé de la Dibona.

Pour la Directe 76 à la Tête du Rouget, réalisée le lendemain, je suis désolé mais l'appareil étant resté en fond de sac nous n'avons pas fait de photo... Néanmoins, cette voie est tout aussi intéressante. Elle est beaucoup plus exigeante et très peu équipée. C'est du véritable terrain d'aventure avec en tout et pour tout quelques pitons dans toute la voie, et encore pas forcément fiables...

Posté par Milletheupas à 10:40 - Alpinisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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